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22/09/2010

Enceinte ET chômeuse, la double peine ou le bonheur?

enceinte.thumbnail.gifEnceinte ET au chômage : la double peine ou le bonheur absolu? Il fallait bien que je finisse par vous l'avouer chers lecteurs, car ça commence à se voir (et je sais comme vous êtes observateurs): je n'attends plus seulement un travail, mais aussi un bébé.

J'entends d'ici les cris d'horreur de certains. Je vois les mines compassées des autres. "Mais ma pauvre, comment tu vas faire maintenant pour le boulot? Ca va pas être évident..."

Parce que si j'ai remarqué une chose depuis quelques mois, c'est que la femme a beau avoir acquis le droit de vote depuis une soixantaine d'années, il reste communément admis que l'être humain de sexe féminin ne PEUT physiquement pas trouver de travail dès lors que son ventre commence son expansion.

J'ai tout de même la chance d'avoir dépassé la trentaine et de vivre en tout bien tout honneur avec le géniteur, ce qui m'évite les questions atroces du style : "et... c'était voulu?" Cela ne m'a tout de même pas évité les : " Je suis un peu étonnée, je pensais que tu attendais d'avoir un CDI pour te lancer". (Ben, c'est à dire, cocotte, qu'au rythme où ça va, si j'attends un CDI pour avoir mon permis bébé, je vais décrocher ma place dans le Guinness des records comme maman la plus vieille de France.) Ou mieux, sur le thème de la blague -méfiez-vous des blagues de potes, chers chômistes : "Ah c'est marrant, maintenant, pour trouver un boulot, tu te retrouves un peu à égalité avec les séniors en fait". ... "Marrant", ouais, c'est le mot que je cherchais! (Drôle comme dans l'hexagone, si tu n'es pas pourvu d'un pénis et âgé d'entre 30 et 45 ans, tu es un handicap pour le monde de l'entreprise. Ca va faire du monde en emploi aidé.)

Ceci étant,  j'ai eu en effet envie de me marrer lors d'un récent entretien, quand après l'"aveu" de ma grossesse, le recruteur a gentiment affirmé : "Ce n'est pas un problème, c'est une question d'organisation, de toute façon cela ne représente qu'une absence de, quoi, six semaines?" (Euuuh... je ne m'appelle pas Rachida, et je suis au regret de vous annoncer qu'en France, c'est plutôt seize semaines que six. Condoléances.)

Mais n'exagérons rien. Etre enceinte pendant une période de chômage, c'est loin d'être un enfer. Ca présente même certains avantages. Préparez-vous, par exemple, à voir disparaître des questions familiales le terrible : "Et alors, le boulot, t'as des pistes?" Terminé, tout ça. Chacun sait que dorénavant, vous avez une mission de la plus haute importante à réaliser : repeupler la France. C'est quand même aut'chose que signer un CDD. En cloque, ce que vous entendrez donc le plus souvent, c'est : " Et toi, tout se passe bien? Prends bien soin de toi, surtout. Et repose-toi, hein! ". Avec plaisir!

Deuzio, vous aurez tout le temps de regarder votre nombril, au sens comme au figuré, sans que personne n'y voit d'inconvénient. A vous les multiples siestes du premier trimestre, cours de yoga prénatal du deuxième, aquagym future maman du troisième, sans oublier l'incessante communication avec bébé autour des dernières rediffs de Grey's Anatomy...

Sans oublier la cerise sur le gâteau, l'argument imparable pour vous faire préférer les forums de neufmois.fr aux annonces de Pôle Emploi : le congé maternité. Car les chômeuses aussi y ont droit. Et devinez quoi? Si les allocations chômage culminent, bon an mal an, à 57% de votre ancien salaire brut, les allocations versées par la Sécu grimpent, elles, à 80% de celui-ci. Résultat? Pendant quatre mois, vous touchez bien plus qu'au chômage. Les enfants, décidément, ça a du bon.

09/08/2010

Non, le chômage, c'est pas "comme des vacances"

"Et alors, cet été, vous partez? Remarque, c'est surtout pour ton copain que je demande ça, parce quetoi, vu que tu ne travaille pas, c'est un peu comme des vacances". chien-transat.jpg

Ah, la petite phrase perfide au détour d'une banale conversation téléphonique avec la cousine Huguette et ses 38 ans de CDI au compteur. Celle qui vient remuer un petit couteau entre vos omoplates de chômeur, là, vous sentez ce petit pincement alors même que vous étiez en pleine cure de "j'arrête de culpabiliser"?

Et bien, messieurs dames, au nom des quatre millions de demandeurs d'emploi hexagonaux, je vais vous apprendre une nouvelle fracassante, car il est temps que quelqu'un brise le tabou: NON, le chômage, c'est pas "un peu comme des vacances". C'est même "tellement pas comme des vacances" qu'à part l'absence potentielle de réveil-matin obligatoire et la prise quotidienne de transports en commun transpirants, je vois peu de points qui font rêver. Vous en entendez souvent, vous, des travailleurs soupirer rêveusement "Aaaah, vivemement que je sois au chômage" ? Non. Ca, déja, ça nous met sur la piste.

Les vacances, chère Huguette -et ça vaut pour tous les autres bienveillants harceleurs de chômistes- c'est un projet agréable, qui se prépare des semaines, voire des mois à l'avance. Tu rêvasses devant ton ordinateur en réservant ton apparte au village naturiste, ta semaine en club all inclusive à Punta Cana, ou ton trek de 20 jours sur les contreforts de l'Himalaya... Ben tu vois, Huguette, le chômage, c'est le contraire de tout ça. T'as pas de projet. Et mieux que ça : tu ne peux pas en faire, mis à part "espérer trouver un boulot". Et t'en fais pas, d'une parce que tu ne roules pas sur l'or, de deux parce que, conséquemment ta culpabilité de méchant chômeur-qui-vit-aux-crochets-de-la-société t'empêche de faire des rêves foufous, et de trois parce que "je vais pas réserver, imagine qu'entre-temps je trouve un boulot, on ne sait jamais?"

Les vacances, c'est le bonheur quotidien de se réveiller sans le foutu réveil-matin qui te me la tête en vrac , avec comme première pensée : "Coooool... aujourd'hui... je fais... ce.. que... je ... veux!" En tant que chômiste, je rend un vibrant hommage -quand même- à l'absence de réveil, sauf pour ceux qui ont la "chance" de devoir se lever pour préparer les enfants pour l'école (si si, l'ecole, vous savez, l'endroit où on les envoie en disant "et ramène des bonnes notes, hein, sinon plus tard t'auras pas de travail. Quoi, "comme Maman?" Euh, c'est compliqué, ça, tu comprendras quand tu seras grand). J'aime l'absence de réveil, donc, et je l'assume. Mais la première pensée du chômiste qui ouvre les yeux, c'est plutôt "Pfffff... Qu'est-ce que... je vais ... faire... aujourd'hui... ?"

Et puis, surtout, Huguette, le grand plaisir des vacances, avouez-le, même si vous en rentrez tous en râlant, c'est de les raconter aux collègues envieux autour d'un "Long sans sucre avec du lait". "Ouais, génial, non, vraiment, ça te remet les idées en place, toute cette nature, ça te fout une claque tu vois. J'ai carrément coupé avec le quotidien. Et je t'ai dit qu'on avait régulièrement survolé le Pôle? ". Et toi, ami chômeur-dont-la-vie-est-un-peu-comme-des-vacances, kess' tu nous racontes? "Ben euh... rien de bien nouveau, là, j'attends les retours de deux-trois candidatures, pas de nouvelles pour le moment. Mais je baisse pas les bras, hein, régulièrement je passe survoler les annonces au Pôle... Emploi."

 

13/07/2010

Mais si, il y a des avantages à être au chômage

Baisse de l'estime de soi, découragement, sentiment d'inutilité totale... Y'a des jours où être chômeur, ce n'est pas la vie en rose (et ces jours sont les plus nombreux). Je dis stop. C'est l'été, sus à la morosité, on positive, on se remet sur pied! Il y a bel et bien des avantages au chômage (si si si!).

  • T'as pas de boulot mais t'as bonne mine. Surtout en été, qui selon les experts du GIEEC (Groupement interprofessionnel d'études sur les effets du chômage) est LA saison à choisir pour ne pas avoir d'emploi. Pardon, pour en chercher un. Une preuve? Récemment, j'étais invitée à déjeuner avec d'anciens collègues (oui, ceux d'"avant" le chômage, souvenez-vous). Et bien, il n'y avait pas photo entre mon bronzage "Pôle emploi" mode abricot doré, façon "ce matin j'envoie trois candidatures et cet après-midi je vais bronzer" et leur inimitable carnation "Néon à volonté". Ah j'oubliais, moi j'avais pas de poche sous les yeux, non plus.
  • T'as pas de boulot mais ton corps est affuté. Oublié, le fessier façon Flanby à force de passer huit heures consécutives écrasé contre un siège de bureau. Fini, le début de bouée ventrale gonflé à la puissance des frites et des Paris-Brest du resto d'entreprise. Au chômage : on décrasse! C'est bien simple, t'as plus d'argent pour payer les transports. Alors tu marches ou tu pédales. Et comme tu as également bieeeen le temps de te contempler dans la glace le matin, tu deviens exigeant avec ton corps (n'oublions pas que pour ne pas péter les plombs, tu as grand besoin de te défouler). Alors tu pars courir, ou tu découvres avec joie que la piscine du quartier offre un accès gratuit pour les chômistes. Pauvre mais mince, quoi de mieux hein? Merci qui? Merciii la crise!
  • T'as pas de boulot mais tu deviens un confident très recherché. Kesske je vous disais un peu plus haut? ON A LE TEMPS. (Oui, celui après qui on pleure dès qu'on a retrouvé un boulot, notez l'ironie de la chose). Le temps, cela signifie aussi que l'on devient extrêmement disponible pour son entourage. Pas compliqué: à la question "t'es dispo cet après-midi/ ce midi/ a 18h/ dans deux semaines?" le chômiste répond toujours oui (à moins d'une convocation chez Pôle Emploi, mais vu qu'ils sont débordés, on est plutôt tranquille). Résultat, au chômage, on t'adore. tu redeviens le super pote que tu étais avant de bosser 45 heures par semaine, ou la bonne copine toujours à l'écoute, vu qu'elle n'est pas speedée entre trois rendez-vous professionnels et deux présentations à préparer avant le bilan annuel.
  • Tas pas de boulot mais t'es une bête de sexe. Relire les trois premiers points de cette démontration : bonne mine, corps affuté, et du temps. Alors, jaloux les travailleurs?
  • T'as pas de boulot mais t'es cultivé. Les rayonnages de la bibliothèque municipale n'ont plus aucun secret pour toi. Tu vas tous les jours y lire la presse quotidienne, avant d'attaquer une centaine de nouvelles pages de l'Encyclopaedia Universalis. Tu as tellement peur de t'ennuyer que tu t'es procuré la méthode "Je parle le biélorusse sans peine", ben oui, les langues rares, c'est un atout de nos jours... Résultat, tu éclates tes amis au Trivial Pursuit et tu songes très sérieusement à t'inscrire à Qui veut gagner des millions, histoire de dévaliser Jean-Pierre de ses euros, et de faire la nique au Pôle qui te verse trois francs six sous chaque mois. Tu deviens un puits de science. Merci qui? Merciii la criiiise!
 
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