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21/07/2009

Les effets secondaires du chômage

Comme tout traitement de moyenne ou  longue durée, le chômage peut provoquer des effets secondaires plus ou moins intenses. Il est de mon devoir d’en prévenir ici les futurs demandeurs d’emploi, leur entourage, et de partager ma peine avec ceux qui en sont déjà touchés.

 

  • L’euphorie anormale. Cet effet apparaît habituellement lors des premiers jours du chômage, etdoigt-de-pieds-en-eventail.jpg s’estompe généralement après le premier atelier « J’apprends à faire mon CV » à Pôle Emploi. Il se caractérise notamment par la redécouverte du plaisir coupable de rester encore un peu au lit alors que sa moitié part travailler. Le patient peut aussi s’adonner soudainement à des activités contemplatives ou artistiques : dépoussiérer une par une les feuilles de son ficus, se réjouir du résultat, se lancer dans un puzzle 5000 pièces ou investir dans une carte illimitée de cinéma et enfiler trois séances de suite. Cet effet d’euphorie peut être assez difficile à supporter pour l’entourage, mais il est sans danger pour le patient.

 

  • La frénésie ménagère induite par la culpabilité (connue aux Etats-Unis sous le nom de arton1167-cfdee.jpgDesperate Housewives Syndrome). Touche davantage les femmes que les hommes. Prenant  conscience qu’il (disons plutôt elle) ne ramène plus sa part du gâteau financier à la maison, la patiente subit une vague de culpabilité et se lance dans une hyperactivité ménagère qui peut aller jusqu’au lavage des carreaux plus d’une fois tous les six mois. Ce syndrome apparaît aussi de manière préventive : dans ce cas, la patiente anticipe les possibles reproches de son compagnon face à son inactivité et se flagelle toute seule à coup de balai Swiffer. Attention à ce syndrome « fée du logis » : il entraîne en général un ras-le-bol très rapide qui risque de se retourner contre le malheureux conjoint -qui s'est somme toute bien habitué à cette poubelle qui se descend toute seule et à cet aspirateur qui travaille de lui-même- s’il a le malheur de prononcer un soir « Ah, y'a rien dans le frigo ? »

(NDLR : Une étude canadienne a démontré que le Desperate Housewives Syndrome peut être un puissant moteur pour aider la patiente à retrouver un travail. N’importe lequel. Pourvu qu’elle n’ait plus à partager ses journées uniquement avec ses gants Mapa, qui sont sympas cinq minutes, mais pas plus.)

 

·        Le syndrome Télé Loisirs. Une fois exécutés ses devoirs matinaux – allumer l’ordinateur,canape%2520et%2520tele.jpg consulter les offres d’emploi, ne rien trouver, éteindre l’ordinateur- le chômeur peut développer des rapports bien trop rapprochés avec sa télé. Motus, Derrick, 30 millions d’Amis, Le Renard, les rapports du tiercé-quarté-quinté-plus à Longchamp, plus aucun programme n’a de secret pour lui. Le jour où ce dernier est capable de vous prédire quel épisode de La Petite maison dans la prairie sera rediffusé dans deux jours sur une chaîne du cable, éloignez-vous calmement et composez le 18.

10/07/2009

Repos!

18.jpgPuisque même ces-feignasses-de-chômeurs-qui-sont-au-chômage-parce-qu'ils-le-veulent-bien ont droit à des vacances, ce blog va faire comme tout le monde: le pont, et rester en repos quelques jours jusqu'au milieu de la semaine prochaine!

A très bientôt pour de nouvelles aventures sur les terres de Pôle Emploi, et merci à tous de votre fidélité et de vos commentaires.

03/07/2009

Le chômeur est-il bankable ?

Une trentaine d'abdos pour évacuer la pression après une visite à Pôle Emploi, 45 minutes de vélo avant de se mettre à l'épluchage des annonces, une séance d'aérobic après Des Chiffres et des lettres: le chômage peut être un moment idéal pour se remettre au sport. On déstresse et on se sculpte un corps de rêve pour mettre toutes les chances de son côté lors du prochain entretien. On devrait même ouvrir un club de gym à côté de chaque Pôle Emploi, avec des lignes de punching-balls et des cours d'ultimate fighting.

Bizarrement pourtant, les supermarchés du sport ne semblent pas intéressés par ce marché potentiel de plus de 2,5 millions de Français. Il y a quelques années, alors que je venais de finir mes études et traversais logiquement - période initiatique- une courte période de chômage, j'ai voulu me lancer. Profiter de ces longues heures à tuer pour tester l'ambiance magique du Club-De-Gym.

Petit coup de fil avant de m'y précipiter, histoire de connaître leurs tarifs et savoir si je pouvais m'offrir les bonheurs du vélo elliptique et des heures ruisselantes passées à travailler mes cuisses-abdos-fessiers en collant lycra.

"- Bonjour Madame, pourrais-je connaître les tarifs de vos abonnements à l'année?

- C'est 750 euros pour 12 mois, 300 pour trois mois et 170 pour un mois.

-... Ah, bien. Et faites-vous des tarifs réduits pour les demandeurs d'emplois?

- Oh non! Pas du tout, mademoiselle. (Comme si c'était une évidence.)

- Ecoutez, vous proposez des tarifs réduits pour les étudiants, j'ai pensé que cela pouvait être le cas pour les chômeurs.

- Mais ça n'a rien à voir! Les étudiants, ils viennent chez nous et nous prévoyons qu'ils reviendront s'abonner après leurs études, quand ils auront un emploi. Pour les chômeurs, on ne peut pas savoir..."

Je remercie cette femme pour sa candeur et sa sincérité. Elle m'a appris une leçon: chômeur, tu n'es pas bankable. Y a pas plus imprévisible que toi pour le business. Quant à tes véllélités de tablettes de chocolat et fesses en béton , tu peux toujours aller courir autour du périph, ou retravailler sur tes vieilles VHS de Véronique et Davina.

 

 

 
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