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23/12/2010

Maternité : je ne suis plus chômeuse, c'est la fête!

275145_372703194_20080323-nounours-cotillons-450_H070317_L.jpg275145_372703194_20080323-nounours-cotillons-450_H070317_L.jpg275145_372703194_20080323-nounours-cotillons-450_H070317_L.jpgCamarade chômistes, je vous adore mais c'est le coeur léger que je vous quitte. Chuis plus chômeuse! Je viens officiellement de quitter la case "recherche d'emploi" pour la plus enviée "congé maternité", ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20.000 francs.

Et ouaiiiis, chuis plus chômeuse. Et si rien dans mes journées n'a vraiment changé, dans ma tête, c'est la fête. Champagne! (ah ben non, t'as pas droit, tu sais bien, pour le bébé...) Cotillons, tous en boîte! (Nooon, arrête, tu sais bien aussi, faut te ménager maintenant, tu peux pas aller faire la folle sur le dancefloor, pour le bébé, ca risque d'être dangereux...) Huître et foie gras!! (Euuh, tu vas croire qu'on s'acharne, mais tu le sais, que ça tu ne peux pas non plus, tu te rends compte, les risques de listériose?)

Bon. Verveine et madeleines alors, on fête ça dignement :  je-ne-suis-plus-chômeuse!

Je vous vois venir: "Mais toi qui ne bossais pas, ça ne change rien, que tu sois au chômage ou en congé maternité".

Oh, que si, et ça change tout, même

Quand le médecin m'a tendu mon arrêt signé, j'ai senti s'envoler de mes ptites épaules de future maman la culpabilité du parasite-de-chômiste- qui-vit-aux-crochets-de-la-société. J'ai gagné mes galons de "femme utile"; dorénavant la France me chouchoute pour que je mette sereinement son futur au monde. C'est comme si on m'avait délivré un bon pour me reposer sans culpabiliser. Comme si on avait mis en pause l'atroce compte à rebours qui fait que chaque jour qui passe sans un entretien (et croyez-moi, quand on est en cloque, ils sont fort nombreux!) me rapproche de "la-fin-de-l'indemnisation". Brrrrr, j'ai même du mal à l'écrire, çui-là. C'est comme Voldemort pour Harry Potter:  les chômeurs ne veulent même pas en parler, par peur de précipiter son arrivée.

Enfin, je peux me consacrer à de vraies préoccupations, telles que le choix du mobile animé : couleurs pastel ou vives? Des oursons ou des clowns? Et pour la sortie de la maternité, nid d'ange ou combi pilote matelassée? Avouez que ça pète drôlement plus que les offres d'emploi pour des CDD "pouvant éventuellement déboucher sur un CDI" (mais bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu) rémunérées au Smic horaire, expérience de 5 ans minimum dans le domaine souhaitée.

Pendant 4 mois, Pôle Emploi me lâche la grappe. Pas de convocation surprise pour avant-hier, pas de lettre de trop-perçu suite à une erreur commise en 2002, et souhaitez-vous qu'on échelonne votre remboursement de 2658 euros ou préférez-vous payer en une fois? Fini!

Bye, le Pôle, je prends de la distance. Je sais qu'on se retrouvera de toute façon trop vite, mais en attendant, mon plus beau cadeau de Noël, c'est de ne plus avoir à penser à toi.

08/11/2010

Enceinte = hors jeu dans la course à l'emploi?

WorkingMom.jpg%3F1212527627Je suis depuis six mois titulaire de la double qualification enceinte et chômeuse -L'une des deux est plus sympa à vivre que l'autre, je vous laisse deviner laquelle. Mon expansion abdominale ne m'a jusque-là pas découragée de rechercher activement un travail, en dépit de toutes les reprises du hit "Ah ben c'est sûr, maintenant tu vas avoir du mal à trouver" que j'ai pu entendre depuis qu'une petite barre rose s'est affichée sur mon test de grossesse. J'ai même réussi à contredire les esprits chagrins en décrochant des entretiens sans cacher ma condition de future maman/chieuse enceinte/femme hyperactive (pourquoi le cacher? je ne suis ni malade, ni handicapée).

Mais c'est pas tous les jours facile d'assumer son rôle de wonder-woman-qui-voudrait-bien-bosser-tout-en-repeuplant-la-France-pour-payer-sa-retraite-à -70-ans.

Aujourd'hui, j'ai passé un petit coup de fil post-entretien d'embauche, pour savoir si j'avais été retenue pour le poste. La réponse est celle à laquelle je m'attendais (malheureusement) : mon profil est très intéressant, mes dates de congé maternité beaucoup moins. (Bizarre comme à chaque fois que j'entends cette réplique, résonne en moi les paroles de Fredéric, mon amoureux de 3eme B, qui m'avait larguée en me disant combien j'étais une fille hors du commun, mais qu'il valait mieux en rester là... Faut que j'en parle à ma psy.)

Le pire c'est que  je peux comprendre le recruteur. C'est moins facile de participer au lancement d'un projet depuis la chambre 105 de la maternité, premièr étage au fond du couloir, après 15 heures de poussée et avant trois mois de nuits blanches. Et je n'ai ni l'âme, ni le nombre de nounous à domicile d'une Rachida Dati pour reprendre le travail trois jours après avoir pondu. En outre, j'ai beau être un profil tellement-intéressant-qu'on-me-reçoit-pour-entretien-même-en-cloque, je ne suis pas (encore) une star au point qu'une entreprise m'attende quatre mois pour attribuer un poste.

Mais y a quand même un truc qui me chiffonne, qui m'agace, qui me gonfle.

S'il est acquis aux yeux de la société toute entière qu'une femme enceinte est inembauchable à partir de son sixième mois de grossesse, parce qu'elle va saouler les honnêtes travailleurs à commencer son contrat pour deux mois, puis partir quatre mois, et revenir fatiguée, à la ramasse et des couches-culottes sales jusqu'au cou, si tout le monde l'admet, donc, qu'est-ce que je fous encore au chômage?

Versez-moi donc une allocation "boulet inembauchable"! Parce qu'à partir de maintenant j'aurai beau faire des danses du ventre dans les bureaux de DRH (-non, pas la danse du ventre, non! Pas dans ton état, ca pourrait choquer les âmes sensibles!) euh, j'aurai beau me prosterner devant les DRH, donc, je ne trouverai plus de taff maintenant. Alors à quoi bon "user" mes droits à l'allocation chômage? Créons l'allocation gros-ventre, ça fera des chômeuses en moins sur les listes officielles, tout le monde sera content.

PS: Et Bébé, ne t'inquiète pas, ta maman est une ronchonneuse professionnelle mais trouve que tu vaux déja largement un CDI raté. Elle aimerait juste, comme ton papa, ne pas avoir à choisir.

 

22/09/2010

Enceinte ET chômeuse, la double peine ou le bonheur?

enceinte.thumbnail.gifEnceinte ET au chômage : la double peine ou le bonheur absolu? Il fallait bien que je finisse par vous l'avouer chers lecteurs, car ça commence à se voir (et je sais comme vous êtes observateurs): je n'attends plus seulement un travail, mais aussi un bébé.

J'entends d'ici les cris d'horreur de certains. Je vois les mines compassées des autres. "Mais ma pauvre, comment tu vas faire maintenant pour le boulot? Ca va pas être évident..."

Parce que si j'ai remarqué une chose depuis quelques mois, c'est que la femme a beau avoir acquis le droit de vote depuis une soixantaine d'années, il reste communément admis que l'être humain de sexe féminin ne PEUT physiquement pas trouver de travail dès lors que son ventre commence son expansion.

J'ai tout de même la chance d'avoir dépassé la trentaine et de vivre en tout bien tout honneur avec le géniteur, ce qui m'évite les questions atroces du style : "et... c'était voulu?" Cela ne m'a tout de même pas évité les : " Je suis un peu étonnée, je pensais que tu attendais d'avoir un CDI pour te lancer". (Ben, c'est à dire, cocotte, qu'au rythme où ça va, si j'attends un CDI pour avoir mon permis bébé, je vais décrocher ma place dans le Guinness des records comme maman la plus vieille de France.) Ou mieux, sur le thème de la blague -méfiez-vous des blagues de potes, chers chômistes : "Ah c'est marrant, maintenant, pour trouver un boulot, tu te retrouves un peu à égalité avec les séniors en fait". ... "Marrant", ouais, c'est le mot que je cherchais! (Drôle comme dans l'hexagone, si tu n'es pas pourvu d'un pénis et âgé d'entre 30 et 45 ans, tu es un handicap pour le monde de l'entreprise. Ca va faire du monde en emploi aidé.)

Ceci étant,  j'ai eu en effet envie de me marrer lors d'un récent entretien, quand après l'"aveu" de ma grossesse, le recruteur a gentiment affirmé : "Ce n'est pas un problème, c'est une question d'organisation, de toute façon cela ne représente qu'une absence de, quoi, six semaines?" (Euuuh... je ne m'appelle pas Rachida, et je suis au regret de vous annoncer qu'en France, c'est plutôt seize semaines que six. Condoléances.)

Mais n'exagérons rien. Etre enceinte pendant une période de chômage, c'est loin d'être un enfer. Ca présente même certains avantages. Préparez-vous, par exemple, à voir disparaître des questions familiales le terrible : "Et alors, le boulot, t'as des pistes?" Terminé, tout ça. Chacun sait que dorénavant, vous avez une mission de la plus haute importante à réaliser : repeupler la France. C'est quand même aut'chose que signer un CDD. En cloque, ce que vous entendrez donc le plus souvent, c'est : " Et toi, tout se passe bien? Prends bien soin de toi, surtout. Et repose-toi, hein! ". Avec plaisir!

Deuzio, vous aurez tout le temps de regarder votre nombril, au sens comme au figuré, sans que personne n'y voit d'inconvénient. A vous les multiples siestes du premier trimestre, cours de yoga prénatal du deuxième, aquagym future maman du troisième, sans oublier l'incessante communication avec bébé autour des dernières rediffs de Grey's Anatomy...

Sans oublier la cerise sur le gâteau, l'argument imparable pour vous faire préférer les forums de neufmois.fr aux annonces de Pôle Emploi : le congé maternité. Car les chômeuses aussi y ont droit. Et devinez quoi? Si les allocations chômage culminent, bon an mal an, à 57% de votre ancien salaire brut, les allocations versées par la Sécu grimpent, elles, à 80% de celui-ci. Résultat? Pendant quatre mois, vous touchez bien plus qu'au chômage. Les enfants, décidément, ça a du bon.

 
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