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05/10/2009

Le suivi personnalisé de Pôle Emploi, ou comment apprendre à utiliser un téléphone

Que font des chômistes quand ils se rencontrent ? Ils se racontent leurs belles histoires de Pôle Emploi, évidemment. L’une de mes amies, fraîchement arrivée dans le monde merveilleux des demandeurs d’emploi, m’a raconté récemment son baptême de Pôle. Voici son histoire : de quoi rappeler des souvenirs à certains d’entre vous, et faire encore grimper la peur du chômage chez les autres.

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16/06/2009

Bienvenue à Pôle Emploi

logo_pole_emploi_469__1905b.jpgJe n’ai pas poussé ces portes bleues depuis plus d’un an, à l’époque où le lieu s’appelait encore Assedic. Aujourd’hui, c’est sur les terres de Pôle Emploi que je m’aventure.

Rien n’a changé, sauf le logo. La file d’attente devant l’unique guichet, les sièges en métal jaune pétant –pour donner un peu de vie ?- où l’on me demande de patienter avant mon intronisation dans la grande famille des chômeurs français.

 

La conseillère vient me chercher. Plus jeune que moi, sanglée dans un trench vinyle noir alors que les gouttes de sueur qui perlent dans mon dos m’indiquent que le réchauffement de la planète a touché de plein fouet le Pôle. Tout sourire, elle examine mes références nécessaires pour être adoptée par la grande famille : mes attestations assedic, soit le sésame du prétendant à l’alloc’, l’enfer du travailleur précaire qui doit pleurer pour les obtenir de ses employeurs.

 

« Mmmm… licenciement pour cause économique, okay, ça c’est bon… Ah c’est bien, vous avez obtenu une belle indemnisation, bravo ! ». C’est la première fois qu’on me félicite d’avoir été virée. « Vous savez donc que de toute façon vous ne serez pas indemnisée tout de suite, il y a une période de carence, vu que vous avez obtenu des indemnités. Vous auriez du prendre votre temps pour venir vous inscrire, c’est dommage… » me lance-t-elle. Devant mon air interrogatif, elle précise dans un grand sourire, le regard presque envieux : « Ben oui ! Vous inscrire, ce sera aussi beaucoup d’obligations pour vous. En plus, juillet et août, c’est comme comme des vacances, vous pourriez en profiter et vous inscrire après l’été, en septembre ! »

Je lui explique que je sais que ce sera long, que je préfère prendre les devants et que je ne compte de toute façon pas partir en vacances cet été.

 

« Ouhlala, mais c’est vrai que c’est compliqué votre dossier.» Je sais, je suis journaliste, j’ai longtemps été pigiste, ça rentre pas dans les cases et ça emmerde tout le monde.  « Il nous manque des attestations employeur, là, sur la période de juin 2007, voyez, c’est marqué sur mon écran, vous ne les avez pas fournies. »

 

 Je respire un bon coup et tente de garder mon calme en lui expliquant que justement, ces attestations, je les avais déjà fournies début 2008, pour qu’on me recalcule mes droits, qu’entretemps je n’ai plus jamais eue de nouvelles des Assédic et que –ô malheur- j’ai été embauchée, autant dire que je n’étais plus la priorité de ces services.  « Mais vous en êtes certaine? Parce que ça n’apparaît pas dans mon dossier… » Oui, je suis sûre. Et je veux qu’on prenne en compte toutes mes périodes travaillées et cotisées pour calculer mes allocations.

 

Cette fois, c’est sur son front que se met à briller la transpiration. « Oh là là, mais alors ça va être plus long, je vais devoir voir avec ma chef, et là en plus on est déjà en retard pour votre rendez-vous avec ceux de l’ANPE, j’espère qu’ils ne seront pas déjà rentrés chez eux. » Coup d’œil à ma montre. Il est 16h35. A ce rythme-là, je commence à saisir un peu mieux la courbe ascendantes des statistiques du chômage en France.

« Bon ben alors on va faire ça, on va bien prendre le temps de se pencher sur votre dossier avec ma supérieure que vous aviez vu, mais alors ça va pas être aujourd’hui, oh la… De toute façon profitez, vous avez du temps avec la carence avant d’être indemnisée. Je suis en retard, je vais me faire engueuler, venez je vous emmène voir ceux de l’ANPE ».

 

Nous faisons quelques mètres ensemble vers "ceux de l’ANPE"- rappelez-vous, Pôle Emploi, c’est le rapprochement entre les Assédic et l’ANPE. Et ca marche : maintenant, les deux portes ne sont plus qu’à 10 mètres l’une de l’autre.

Une grande table de réunion dans une salle éclairée au néon, des dossiers empilés. Plus personne. Il est 16h40. « Je suis vraiment désolée, ils sont partis, il va falloir que vous repassiez demain. On se revoit à 9h, alors ? ».

 
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